SITE DE REBOISEMENT D’ANKARABE : 60% DES JEUNES PLANTS ONT SURVECU AUX FEUX 

Dans la nuit du 18 octobre 2021, Tany Meva avait reçu un appel l’informant que le site de  reboisement d’Ankarabe Manerinerina, propriété de la Fondation, était envahi par les flammes. Un certain nombre de parcelles sur lesquelles on avait fait pousser des milliers de plants d’eucalyptus et d’acacia. Bilan : 40% de la surface reboisée et mise en valeur détruits et de nombreux jeunes plants perdus. Un feu non maîtrisé, parti d’un four à charbon de bois, aurait été à l’origine de cette catastrophe. Ce site s’étend sur une surface totale de 284ha, dont 30ha reboisés. 

Dès le lendemain, Tany Meva, accompagnée de la Gendarmerie, est allée constater les dégâts directement sur le terrain. Malgré les ceintures de pare-feux, le désherbage préalable et le précieux concours de la communauté, le feu avait quand même progressé. 

Le responsable identifié et pointé du doigt par les villageois est le charbonnier. Selon le gardien de la plantation, pendant qu’il défournait son charbon, le vent se serait levé et aurait propagé le feu vers la végétation. Le village étant assez éloigné du site, les secours ont tardé à arriver, laissant largement le temps au feu de ravager une assez grande partie du terrain. 

UneplainteaétédéposéeauprèsdelaGendarmerie de Manerinerina. Selon la loi en vigueur, cet incendie pourrait être considéré comme un crime. Les feux de brousse sont notamment l’un des principaux fléaux minant le district d’Ankazobe. 

Malgré tout, de ce triste événement, Tany Meva tire des leçons et des constats qui lui permettront de s’améliorer dans le futur. « Il faut penser à des techniques plus adaptées pour contrer le feu », dit Tantely Rakotoarimanana, Chef du département Programmes au sein de Tany Meva. L’implication des communautés riveraines devrait être renforcée en parallèle. D’où l’importance d’un plan d’aménagement plus adéquat. Les sites de reboisement sont notamment mieux protégés lorsque des activités communautaires (terrain d’agriculture, d’élevage, etc.) se trouvent à proximité. 

Enfin, la Fondation reste positive quant à l’avenir. Outre la procédure judiciaire, un plan de redressement de la situation de la zone de reboisement est déjà en cours. Un appel à projet pour la mise en place d’une association gestionnaire du site est aussi envisagé. « La seule chose à bannir, c’est la tentation du découragement », termine Tantely Rakotoarimanana.